Philosophie

Réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard !

La Revue sur le commerce et l’environnement 2013 de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement) titre « Réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard – Rendre l’agriculture durable maintenant pour atteindre la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique », démontre le rôle fondamental de l’agriculture familiale durable dans la sécurité alimentaire de demain et la nécessité de vivre autrement, d’une manière plus responsable et écologique.

François W. Beydoun – Designer

En effet, nous avons besoin de se réveiller. Car la façon dont nous vivons aujourd’hui nous oblige à polluer constamment notre planète. Car nos usines ont un énorme besoin en énergie pour fabriquer nos objets usuels et habitats. En tant que designer industriel, je me sens directement concerné par ce problème. Désormais, mon but est de contribuer à une approche alternative — respectueuse de l’environnement — tout en répondant à ces besoins.

Cette approche allie innovation et futurisme à travers un design résilient, utilisant de nouvelles technologies comme l’impression 3D (écologique) pour fabriquer des maisons tout en remplaçant certaines techniques polluantes et obsolètes. L’objectif est de réduire considérablement le prix du logement, permettant aux personnes à faible revenu d’avoir un toit pour moins de 10 000 €. Parmi ces personnes concernées, il y a de jeunes ayant leur premier emploi ; les retraités et particulièrement les réfugiés climatiques ; les victimes de guerres ou de catastrophes naturelles.

Je pense que nous pouvons combiner ce nouvel Art de Vivre, sobre et responsable, tout en protégeant notre biotope la Terre.

L’objectif de ce projet est de créer un environnement sain dans lequel les ressources de notre planète Terre ne seront plus saccagées. Il est de notre devoir de prêter attention à ces ressources épuisables, que chacun de nous doit s’efforcer de résoudre ces problèmes récurrents permettant à nos enfants d’avoir un avenir florissant. Actuellement, nous utilisons trop de plastique, de même pour les combustibles fossiles et nous mangeons de la malbouffe, sans parler des logements inabordables, pour la plupart des gens dans le monde.

J’invite donc les plus motivés d’entre vous à me joindre dans cette belle et sérieuse aventure. Ceux à qui ce message résonne en eux et qui sont désireux de relever ce défi majeur, en créant un nouveau modèle de communauté écologique qui se sert de techniques modernes, pour former dès maintenant un groupe de réflexion — un laboratoire d’idées qui rassemble des experts dans une structure de droit privé — sachant qu’au départ cette contribution sera à titre gracieux tout en étant très engagée.

Les ressources de notre planète Terre sont limitées. Il n’y a pas une autre alternative ou une planète B à migrer. Une fois que ces défis sont relevés, nous pouvons alors les transmettre à nos jeunes générations, pour qu’elles puissent en tirer des enseignements.

PROJET : écovillage futuriste


Exemple de techniques modernes de constructiont – imprimante 3D. (vidéo en anglais)

À l’aide de l’I.A. les architectes et les scientifiques décrivent la vie dans l’espace comment elle sera possible.

Technologie d’impression 3D en béton


Enjeux

Depuis une dizaine d’années, le contexte économique et social voit une convergence de plusieurs facteurs favorables au développement de ces initiatives : un étalement urbain croissant via les lotissements (coût économique, écologique, perte de lien social, conflits d’usage) et le mitage des zones rurales (conséquence notamment du transport individuel et de l’agriculture intensive), l’émergence du secteur de l’écologie et de l’éco-construction (actuellement un tremplin pour le monde du bâtiment), le besoin de recréer du lien social et de la participation citoyenne autour des politiques d’habitat. Ces initiatives sont donc autant de réponses à un modèle idéologique fondé sur un mode de vie individualisé et matérialiste, exaltant la notion de propriété privée, renforçant la privatisation des biens communs (espace, énergie, eau…) et les rapports de domination entre les humains, les inégalités sociales, la concentration des richesses et la destruction de l’environnement. Cette situation est renforcée par la spéculation immobilière et foncière qui rend l’accès au logement de plus en plus difficile pour une tranche croissante de la population, par la séparation de plus en plus complète des fonctions du bâti (logement vs bureaux et commerces) qui appauvrit la cohérence et la richesse de l’espace urbain ou rural, et par l’utilisation croissante de matériaux et de techniques de construction nocifs pour la santé des habitants et pour l’environnement.


Technologie d’impression 3D béton (vidéo en néerlandais, traduction en anglais)


Ces initiatives ont en commun :

  • De faire cohabiter le privé et le collectif
  • Le partage de valeurs communes autour d’un projet de vie
  • La coopération entre les membres du projet dans une recherche “du vivre ensemble”
  • La participation des membres à la création, la réalisation et la gestion du projet
  • La réalisation d’économie par la mutualisation des moyens et des espaces
  • Un engagement sur la durée

D’autres sources de motivation existent :

  • La responsabilité des membres à l’égard de la société et de l’environnement, en s’appuyant notamment sur l’éco construction
  • La qualité de vie : espace sain, voisinage convivial et solidaire., retour à la terre…
  • Vivre ensemble : mixité inter-générationnelle et sociale, accueil, entre-aide, solidarité, vie plus conviviale (rapports sociaux plus profonds)
  • Prendre en main sa vie en accord avec ses valeurs et se préparer au changement (idéal d’écologie et d’autonomie)
  • Repenser la notion de travail (frontière entre le travail et la vie, faire ensemble, pluri-activité…), et le politique (responsabilisation, rupture des dépendances…)
  • Une recherche personnelle : construction identitaire, démarche spirituelle…
  • Accéder à un logement de qualité et adapté aux besoins de chacun en économisant moyens et espaces
  • Actions à prendre pour contribuer à résoudre ces problèmes

Les arbres fluorescents pourraient remplacer les lampadaires, selon Daan Roosegaarde (vidéo en anglais)

Les routes de demain

Et si la route de demain était bien plus qu’une route ? Plus sûre, moins bruyante, plus écologique ou même productrice d’énergie… Voici un petit voyage sur la route du futur.


Résultats, impacts

  • Un écolieu — lieu physique à la campagne : ferme, hameau, village, ou en ville : friche industrielle, terrain nu, bâtiment ou quartier — sur lequel des membres de la communauté ont choisi de se regrouper pour vivre ou travailler ensemble. Ils partagent en commun des valeurs, des espaces — salle commune, chambres d’amis, jardins/potagers, ateliers, espaces pour enfants…—, des temps : repas partagés, jeux, garde d’enfants…, et dans certains cas les revenus. Chaque habitant dispose d’espaces privés siège de son intimité.
  • Repenser le rapport à l’habitat et à l’urbanisme.
  • Expérimenter des projets de société mettant en œuvre un mode de vie collectif écologique et solidaire.
  • Cet écolieu a son orientation, sa sensibilité et son fonctionnement propre. Car, il est le résultat de la vision d’un groupe fondateur et de l’adhésion de nouveaux individus.
  • Ce projet est défini par sa structure organisationnelle, son mode de financement, son niveau d’autogestion, l’articulation entre les sphères privés et collectives (niveau de mise en commun), son mode d’intégration (ou non) de nouveaux membres, son ouverture et la nature de ses échanges avec la société extérieure, la définition ou non d’objectifs communs et le mode et les règles de vie adoptés.

Voici des exemples d’activités économiques que peut générer un écovillage :

  • Accueil, ressourcement, centre de formation ;
  • Écoles alternatives, chantiers, réinsertion, recherche ;
  • Agriculture biologique, biodiversité, permaculture ;
  • Pépinière d’entreprises à critères éthiques ;
  • Arts, artisanats et métiers manuels ;
  • Production / transformation ;
  • Entraide, Écoute, Soins ;

Mise en œuvre

La création d’un écolieu est un projet ambitieux et complexe, qui demande du temps et de la motivation. “C’est une sorte de très gros puzzle, dont on n’a pas connaissance de la totalité des pièces au départ. C’est un sport d’équipe qui demande de l’échauffement, de l’endurance, de se connaître, de se mesurer, d’évaluer ses forces et celles de l’équipe, de s’entraîner. La taille de l’objectif évoluera en fonction de cette préparation.” (Atelier Blanc – Copyleft 2008)


Les tours d’eau “Warka” récupèrent l’eau potable de l’air

Alors qu’une personne sur dix n’a pas accès à l’eau potable, l’architecte italien Arturo Vittori a imaginé la WarkaWater, une tour en bambou et tissu qui capte l’eau présente dans l’air. Une invention étonnante dont bénéficie déjà un village d’Éthiopie situé en zone aride.


Se rassembler et se connaître

  • Constitution du groupe
  • Réalisation d’un travail d’introspection personnel
  • Confrontation des projets personnels
  • Définition d’une culture commune et d’une vision partagée (charte)
  • Définition du fonctionnement (règles de communication : mode de régulation et de prise de décision, répartition des rôles)

Se structurer

  • Production du pré-programme par le Groupe (= les besoins)
  • Confrontation des besoins aux moyens disponibles
  • Mise en lumière des manques
  • Atelier d’urbanisme (= les moyens)
  • Formation des futurs usagers (choix techniques, répartition des espaces publics et privés, collectifs et individuels, habitats et activités)
  • Production de l’avant-projet et chiffrage par la maîtrise d’œuvre (= les limites)
  • Étude du contexte (études paysagère, climatographique, sociologique, topographique, étude du bâti existant et des réseaux de voirie)
  • Il peut être nécessaire à ce stade-là de se former sérieusement à la gestion des conflits, du pouvoir dans un groupe, de la communication interpersonnelle, aux prises de décisions… sans quoi le projet risque d’échouer assez rapidement

Agir

Définition de la structure juridique adaptée en fonction des besoins et des valeurs (lotissement, copropriété, association, indivision, SCI, SCIC, GFA…)

Montage financier et recherche de financements, de partenaires

Démarche opérationnelle :

  • Production des plans en concertation avec la maîtrise d’œuvre
  • Chiffrage du projet
  • Dépôt du ou des permis de construire ou arrêté de lotir
  • Achat du terrain

À partir de là commence la construction du lieu et plus tard son fonctionnement (sa vie et ses règles, l’entrée et la sortie d’individus, ses inévitables conflits…). Une partie de ces éléments peuvent être envisagés en amont mais tout ne peut être maîtrisé. Seule la confrontation avec la réalité peut permettre d’adapter, de réévaluer le projet et d’avancer.

À bientôt

N.B. : Beaucoup de projets tombent à l’eau avant d’éclore pour différentes raisons connues (relation humaine, problème financier, délais importants…).

  • 6 moyens de désamorcer les conflits structurels sont listés par Diana Leafe Christian dans son ouvrage Vivre Autrement : écrire une vision commune partagée, claire et précise (aucun conflit n’est plus dévastateur qu’une divergence de vision), choisir un processus de prise de décision équitable et participatif convenant à votre groupe, établir des ententes claires par écrit, développer de bonnes aptitudes en communication et en processus de groupe, choisir des fondateurs et des nouveaux membres en fonction de leur maturité effective, décider et formaliser un processus d’intégration de nouveaux membres, cultiver les habiletés mentales et émotionnelles requises.
  • Bien que ces conflits soient connus, chaque groupe est unique et doit se faire sa propre expérience.
  • Par leur dimension collective, ses initiatives nous confrontent à notre être profond et notre relation aux autres, elles questionnent nos modes de communication et notre niveau d’individualisme. Ces initiatives comportent donc un important travail personnel. Il faut être conscient que ses problèmes personnels ne seront pas résolus dans le groupe et dans le projet. Cette prise de conscience est une des conditions fondamentales de pérennité.
  • Se lancer dans une telle initiative relève du même engagement que celui de créer une entreprise et de se marier à la fois. Ainsi le défis pour un groupe fondateur est de trouver un juste équilibre entre habilités techniques (organisation, planning, comptes rendus, rigueur, analyse juridique, plan de financement…) et compétences humaines (écoute, attention, divertissement, empathie…). Les deux étant à la fois intimement liés et profondément différenciées. (source)